Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ce modeste blog traite d'un village lorrain, au vrai caractère et au cachet marqué : CHARMES-LA-CÔTE (Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France). Son territoire est observé par un historien, mais aussi un CARPINIEN sous le charme, qui l'aime et souhaiterait le partager ! Les domaines abordés sont : l'histoire, la géologie, la paléontologie, l'archéologie, la généalogie, la géographie, l'ethnologie, la botanique, la zoologie, le patrimoine, la création artistique, l'actualité, la cuture d'une manière générale... J'essaierai également de vous présenter mes diverses collections d'objets en rapport avec Charmes-la-Côte : l'exposition est à visiter dans la catégorie « Mon Petit Musée »...

11 Aug

Prospection...

Publié par Vincent LAMARQUE  - Catégories :  #Histoire, #Paléontologie, #Archéologie, #Patrimoine, #Mon petit musée, #Toponymie

À la recherche du village perdu...

 

 

Samedi 10 août 2013, au matin, j'avais quarante-cinq minutes pour une brève prospection pédestre à Charmes-la-Côte, à la recherche de fossiles ou d'objets du passé... Mon temps ainsi chronométré, je suis allé dans les bois quasiment au pas de course, sac-congélation dans une main et téléphone portable dans l'autre. L'aire de collecte visée : le lieu-dit « Aux Rays » (section cadastrale 0A), sur le Chemin Stratégique qui mène au Plateau de Domgermain (54), un peu avant la « Prairie Madame ». Aux mois de septembre, octobre et novembre 2012, on venait de déverser, sur un ancien dépotoir de Charmes-la-Côte, éloigné des habitations, de la terre qui provenait indéniablement du village : des maisons en cours de construction, en particulier rue du Paquis (section cadastrale 0G), sur tout son linéaire, avaient nécessité d'énormes travaux de terrassement. Je m'étais penché sur cette décharge à ce moment, en novembre 2012, pour tenter de définir plus exactement d'où provenait la terre. Et puis, samedi, je voulais par curiosité voir la manière dont avait évolué son environnement et savoir si le sol avait subi d'autres perturbations en 2013. Aujourd'hui, la nature a repris ses droits... Mais des affleurements, en certains endroits, épars au milieu des hautes herbes sauvages, m'ont permis de trouver un échantillon de tout ce que j'avais pu découvrir en grande quantité l'année dernière.

 

 

 

Récolte du samedi 10 août 2013, à Charmes-la-Côte, « Aux Rays » (section cadastrale 0A)...

Cliché : Vincent Lamarque

© Mardi 13 août 2013.

 

 

La présence de nombreux mollusques fossilisés, dans un bon état de conservation, démontrerait que cette terre, que l'on a déplacée en 2012, avait été peu bouleversée et retournée jadis (par une longue activité agricole par exemple). Par ailleurs, il est clair que les fossiles ont été tirés de leur contexte et délocalisés, parce qu'ils correspondent moins à l'Oxfordien, l'étage stratigraphique que nous sommes sensés rencontrer à la surface de ce terrain, sur le plateau, qu'au Callovien que nous rencontrons plus bas, à l'altitude du village.

 

 

 

Mollusques fossiles, dont le moule interne d'un gastéropode de la famille Pleurotomariidae, trois brachiopodes de la famille Rhynchonellidae, un fragment de tige d'encrine du genre Millericrinus, un fragment de bivalve du genre Pinna et un fragment de bivalve indéterminé...

 

 

Escargot contre coquillage...

Clichés : Vincent Lamarque

© Mardi 13 août 2013.

 

 

Dans cette terre également, j'ai observé la présence de nombreux tessons d'une poterie utilitaire, à grossier dégraissant, rouges ou noires, avec traces d'un usage culinaire, ainsi que des pierres calcaires rubéfiées, c'est-à-dire rougies par une forte chaleur... les restes d'un four ?

 

 

 

Quatre tessons de poterie, à gros dégraissant, recto...

 

 

Quatre tessons de poterie, à gros dégraissant, verso...

Clichés : Vincent Lamarque

© Mardi 13 août 2013.

 

 

Ce qui m'étonne, c'est le fait que cette terre ne présente, outre ces fossiles, que ces tessons rudimentaires en terre cuite, d'aspect analogue et sans doute contemporains, datant du Moyen-Âge : pas d'autres artefacts, en céramique, en pierre, en métal, en verre, en bois, fabriqués dans un autre matériau ! C'est comme si une zone d'occupation sur le territoire de Charmes-la-Côte, au développement géographique réduit, s'était aussi limitée dans le temps, à une courte période d'existence... c'est comme si ses occupants avaient décidé de quitter cet espace et de migrer, en emportant presque l'intégralité de ce qu'ils possédaient. Vraisemblablement un petit habitat rural, comme une manse par exemple, d'époque mérovingienne ou carolingienne, a été vite délaissé sans que nous en sachions les raisons précises...

 

 

Suite à l'abandon de la localité, les générations carpiniennes suivantes auraient fini par oublier le souvenir d'une primitive implantation « Au Paquis » ?! En tous les cas, le mot « pâquis », du latin « pascuarium » qui signifie « pâturage », ne semble pas en faire mémoire... Cependant, il est un mot dénommant une rue de Charmes-la-Côte, proche de la rue du Paquis, qui pourrait en évoquer l'idée : la rue Attonaixe (section cadastrale AB). Car le mot « attonaixe » est la déformation orthographique de « Haton-Maix », auparavant un écart de Charmes-la-Côte LEPAGE (Henri), Les Communes de la Meurthe, journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes de ce département, Nancy, Chez A. Lepage, Imprimeur-Libraire-Éditeur, 1853, Volume 1, p.226-227. Le nom de la rue Attonaixe est propre à Charmes-la-Côte, voire unique au monde... Nous lisons dans la monographie du village, écrite par M. Récolin en 1889, qu'il existait un lieu-dit nommé « Hauts-Maix » (ancienne section cadastrale H qui correspond au village, section cadastrale AB), d'où est peut-être originaire le nom « Haton-Maix », pour signaler la situation topographique de l'écart, en hauteur, sur la côte de Charmes.

 

 

Nous pouvons donc nous poser la question si les tessons de poterie ramassés ne sont pas les vestiges d'Haton-Maix, un hameau qui aurait disparu au profit de la paroisse dont il était solidaire, alors dans une phase d'expansion, le village de Charmes-la-Côte que nous connaissons désormais. Pour que l'argumentaire soit parfaitement plausible, il me faudrait encore une information capitale : la confirmation que cette terre sondée « Aux Rays » provienne vraiment de la rue du Paquis...

 

 

-------

Carpinien

 

 

Allez à la table des matières !

Prospection...
Prospection...
Prospection...
Prospection...
Prospection...
Commenter cet article
F
je pense que tu es la réincarnation de E OLRY ou d'un autre chercheur....
Répondre
C
Jean-Michel Florentin, merci pour ton compliment, mais je ne m'en sens pas digne...<br /> <br /> Je suis sensible à la personnalité d'Étienne-Dominique Olry (1829-1885), un féru d'histoire, mais également un modèle d'érudition et de culture en général... Il était un vrai mentor en son temps et devrait encore inspiré nos sociétés contemporaines, particulièrement en matière d'éducation ! J'invite tous les Internautes à aller visiter la page Wikipédia qui lui est consacrée et ce n'est que l'ébauche de sa biographie !<br /> <br /> Carpinien.

À propos

Ce modeste blog traite d'un village lorrain, au vrai caractère et au cachet marqué : CHARMES-LA-CÔTE (Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France). Son territoire est observé par un historien, mais aussi un CARPINIEN sous le charme, qui l'aime et souhaiterait le partager ! Les domaines abordés sont : l'histoire, la géologie, la paléontologie, l'archéologie, la généalogie, la géographie, l'ethnologie, la botanique, la zoologie, le patrimoine, la création artistique, l'actualité, la cuture d'une manière générale... J'essaierai également de vous présenter mes diverses collections d'objets en rapport avec Charmes-la-Côte : l'exposition est à visiter dans la catégorie « Mon Petit Musée »...