Que signifie le mot « Charme » dans le nom « Charmes-la-Côte » : le charme commun, le Carême, la parole magique, l'attirance, la colline, la terre inculte ou le
scélérat ?
Et si je vous disais que la chose la plus ancienne à découvrir à Charmes-la-Côte se trouve dans son propre nom... et que cette chose remonte à une histoire qui précède les Celtes ? Si la
prospection archéologique, par la mise au jour d'un biface taillé du Paléolithique ou d'une hache polie du Néolithique par exemple, ne me donne pas encore la possibilité de témoigner de
l'existence d'une occupation préhistorique dans la localité carpinienne, ou tout au moins de montrer la présence d'une voie de passage à cette époque, la toponymie, à l'inverse, me rend la
démonstration possible, si si ! Comme dirait le docteur Michel Hachet, conservateur du Musée d'Art et d'Histoire de Toul (54) : « il n'existe rien de plus solide qu'un toponyme ! ». Comment ne
pas croire un conservateur de musée sur le degré de solidité d'une preuve historique ? Dans différents articles de mon blog, classés dans la catégorie «
Toponymie », je m'étais une première fois penché sur l'étymologie du gentilé, nom des habitants de Charmes-la-Côte.
Mais quand est-il de l'étymologie du nom du village ? Cela ne me semble plus si évident que j'ai pu le penser d'emblée. Pour faire la synthèse des thèses apportées précédemment, disons que
l'origine du mot «
charme » dérive ou du mot latin «
carpinus » qui désigne l'arbre, le charme (
Französisches Etymologisches Wörterbuch, II, 406 b, «
Carpinus
»), ou encore du mot latin «
quadragesima » qui désigne le temps chrétien du Carême.
Voici ce qu'écrit Charles Toubin en 1886, dans son
Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française et spécialement du langage populaire, livre rare et d'une richesse
indubitable en la matière :
Charme : 1° chose faite par art magique ; du sansc. cârmana, magie, opération magique (Burn.) ; lat.
carmen, paroles magiques, enchantement. ║ 2° Attrait, appas ; par ext., du précéd. ou du sansc. car, aller, venir, et suff. ma exprimant ce qui fait
l'action marquée par le verbe (**). Propr. ce qui nous fait aller vers, ce qui nous attire. ║
3° Charme, arbre ; peut-être du sansc. çira, tête ; gr. χάρα, m. s. ; v. fr. care, et sansc. mahat et mahâ, grand ; lat.
magnus et major. Propr. arbre à grande tête, « le charme portant, dit Bouillet, une tête ordinairement très grosse, très touffue. » — Cf. carpinus, nom
latin du même arbre ; du même car, tête, et du sansc pîna, p. passé de pyæ, croître, grossir (Burn.). Le charme vivant longtemps et ayant un bois blanc
compact et dur, de là sans doute le dicton : se porter comme un charme. Dimin. charmille, cette plante n'étant qu'un charme dont on fait des palissades en l'empêchant
de croître en hauteur.
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En 982, une charte de confirmation des biens de l'abbaye bénédictine de Saint-Mansuy de Toul, donnée par saint Gérard, le 33e évêque de Toul (963 - 23 avril 994), fait mention d'une chapelle sous
l'invocation de saint Florentin, située près de Charmes-la-Côte : « [...]
capella sancti Florentini apud Chelmes [...] ». En 1112, une autre mention fait référence à Charmes-la-Côte par
l'expression : « [...]
villam de Chalamis [...] ». Dans cette charte, écrite sous l'épiscopat de Riquin de Commercy (55), le 41e évêque de Toul (1108 - 15 février 1126), et sous
l'abbatiat de Théomar (1085 - 1125 ou 1126), il est à nouveau question du domaine de Saint-Florentin dont les gestionnaires des possessions bénédictines (prés, bois, pâturages, points-d'eau,
etc...) étaient soumis au cens, au bénéfice de l'abbaye de Saint-Mansuy. À la sortie de Charmes-la-Côte, en direction de Domgermain (54), sont encore visibles des restes de constructions
de cette chapelle, édifice fondé au Xe siècle mais déjà détruit au début du XVIIe siècle. Consultons également
le cadastre de
Charmes-la-Côte en ligne et comparons-le au cadastre décrit par M. Récolin, l'instituteur du village, dans sa monographie rédigée en 1889 sous la direction du Ministère de l'Instruction
Publique... Des noms de lieux-dits font encore mémoire de l'existence de ce vieux et pieux endroit : Haye-Saint-Florentin (Section cadastrale A, Saint-Fiacre) ; Sous-Saint-Florentin, sentier
rural dit Sous-Saint-Florentin, Haux-de-la-Plante-et-Saint-Florentin, À-la-Moinerie, Au-dessous-de-la-Moinerie, Aux-Poirielles-au-dessus-de-la-Moinerie, sentier rural dit de la Moinerie (Section
cadastrale C, Saint-Florentin). Petite parenthèse : à Bulligny (54), autre village toulois, à environ 7 kilomètres de Charmes-la-Côte, une chapelle a été placée sous le patronage de saint
Florentin, personnage invoqué contre les maladies des animaux domestiques et spécialement des cochons, et contre les maux de pied des Bulignaciens, habitants de la localité, moyennant quelques
pièces de monnaie. En 1146 ou 1147, Bernard de Clairvaux serait passé à Charmes-la-Côte, comme le mentionne son compagnon et biographe, Geoffroy d'Auxerre, dans le passage sur les « Miracles de
saint Bernard à Toul »,
in Vie de saint Bernard, premier abbé de Clairvaux : « [...]
civitati proximam vilulam quam Calmas nominant [...] ». Le saint homme aurait accompli un
miracle à Charmes-la-Côte, celui de changer en vin l'eau que les habitants du village lui avaient apportée afin de la bénir. L'anecdote montre que le vin était de grande importance dans la vie
des Carpiniens, au moins à partir du XIIe siècle.
Ces trois mentions de Charmes-la-Côte nous donneraient matière à repenser, de manière inédite, l'étymologie du nom du village : il serait également possible de comprendre le mot «
charme
» à travers le gaulois «
kal », le latin «
columen » ou «
culmen » (sommet) et le bas-latin «
calma » ou «
calmis », dont les mots, aux origines
sanscrites, désigneraient une hauteur ou une chose qui se démarque des autres choses par sa hauteur (
Französisches Etymologisches Wörterbuch, II, 100 b, «
Calma »). Chelm, ville
polonaise, tirerait son nom du mot slave «
xолм », «
kholm », qui définit sa situation géographique au sommet d'une colline. Chelmno, autre ville polonaise, tirerait son nom du
mot germanique «
culm ». Existe-t-il une corrélation avec notre village de Chelmes mentionné en 982 ? En tous les cas, Charmes-la-Côte ressemble au gradin d'un
theatrum romain
qui est accroché à mi-pente d'un coteau du Toulois, au centre d'une véritable
cavea de nature. Si nous observons la topographie des villages qui bordent l'
orchestra et la
scaena de Toul, au Sud-Ouest, de Choloy-Ménillot (54) à Barisey-la-Côte (54), nous pouvons constater que Charmes-la-Côte est le village qui culmine ! D'où l'insistance de son
implantation dans son nom propre... L'image du théâtre antique m'a été livrée par Anthony Koenig et Noomane Fakhar, délégués départementaux de Meurthe-et-Moselle pour l'association
Maisons Paysannes de France, dimanche 15 mai 2011, lors des Journées du
Patrimoine de Charmes-la-Côte. Merci pour cette jolie image !!!
Anthony Koenig dans son « théâtre de verdure ».
Cliché : Vincent Lamarque
© Dimanche 15 mai 2011.
Par la suite, ce vocabulaire préceltique et celto-latin, ainsi que le latin « culmus » (toit en chaume) et « calamus » (roseau), ont donné naissance par extension au mot «
chaume » en ancien français, qui désigne premièrement, dès l'époque médiévale et cela jusque l'époque moderne, la friche, la lande, la jachère où le sol est en repos, et, deuxièmement,
le mauvais pré, le plateau désert, la prairie d'altitude où la flore locale, composée de graminées et de petits arbustes, s'adapte à de rudes conditions géologiques et météorologiques...
Avec ces dernières données scientifiques, il m'est permis de réinventer sans risque d'extrapolation l'histoire de Charmes-la-Côte autour de l'an 1000... Au commencement d'une sédentarisation sur
le territoire de Charmes-la-Côte, les hommes devaient indéniablement considérer la hauteur comme un terrain pierreux, pauvre et inculte, que seuls des religieux, habitués à la vie dure en règle
générale, ceux de Saint-Florentin, savaient cultiver et faire fructifier : si je fais abstraction pour mon propos de l'établissement assuré d'une population humaine à Charmes-la-Côte dans
l'Antiquité gallo-romaine, mais rapidement tombé en désuétude et qui s'est estompé dès la chute de l'Empire romain, les religieux de Saint-Florentin étaient indéniablement les premiers habitants
permanents de Charmes-la-Côte ; leur activité de défrichage du territoire a en conséquence favorisé l'installation d'autres gens. Un nom de lieu-dit évoque la dureté des conditions de vie et de
travail à Charmes-la-Côte, à une certaine époque : Côte-Labeure (Section cadastrale B, Les Auges et Les Troussoires). Un nom de rue aussi : Rue du Han, comme l'onomatopée exprimant le cri rauque
que pousse un homme quand il fait un effort physique concentré et violent... à l'instar d'un bûcheron au moment de mettre la cognée à l'arbre...
Carte postale
« La Lorraine illustrée / CHARMES-la-COTE (M.-et-M.). - Rue du Han / Edition Thiébaut. »
« PHOTO. / . C. FOLIGUET . / COMMERCY. »
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Correspondance au recto :
« Le Bonjour a Mr Ramel / Brigadier de Gendarmerie de / Avricourt. »
-
Correspondance au verso :
« Envoi de Colas M(aréchal) des Logis 6e Reg(imen)t (d')Art(iller)ie 1ere Batterie territoriale a / Charmes la Côte / Le 9 Mai 1915 / Ma chère Jeanne - / J'ai
déjà [...] lettre de / Jeanne (?) mais elle n[e do]it pas avoir besoin / d'argent puisqu'e[lle] me demande si j'en / ai besoin qu'elle m[' en] enverra - Du reste / elle veut envoyer 1750 Frs
(?) a la maison de / Nancy donc c'est qu'elle en a - / Nous venons de preparer 200 Escargots à / ton service pour les manger ainsi que Camille - / Bonne santé et je vous embrasse trois /
[...]praty (?). »
Des ronces de charme à l'époque contemporaine...
Cliché : Vincent Lamarque
© Dimanche 15 mai 2011.
Au Moyen-Âge, les moines-agriculteurs étaient dans l'obligation de consacrer nombre de lopins de terre de Charmes-la-Côte à l'élevage, profitant des
droits que les autorités ecclésiastiques, les évêques de Toul ou les abbés de Saint-Mansuy, leur avaient accordés : le parcours du bétail et la vaine pâture. Ce cadre carpinien ainsi
caractérisé est sans doute la raison d'un culte spécial à l'égard de saints très singuliers et pittoresques : saint Florentin, enfant d'un roi écossais qui s'était installé à Bonnet (55) au
VIIe siècle et qui savait soigner les porcs malades, personnage célébré le 24 octobre au calendrier chrétien et tout spécialement par les porchers ; saint Fiacre, ermite irlandais qui s'était
installé près de Meaux (77) au VIIe siècle et qui savait fertiliser les terres infécondes, personnage célébré le 30 août au calendrier chrétien et tout spécialement par les jardiniers.
Incorporée à la façade d'une maison paysanne de Charmes-la-Côte, au numéro 9 de la rue du Han, une sculpture en bas-relief représente saint Antoine le Grand, fondateur du cénobitisme dans les
déserts égyptiens aux IIIe et IVe siècles, patron des agriculteurs et protecteur des animaux entre autres, personnage célébré le 17 janvier au calendrier chrétien. L'existence de cette
sculpture continuent de tracer ce cadre particulier du village et son exploitation agricole dans le temps. Au départ, elle se trouvait peut-être dans l'ancienne chapelle Saint-Florentin avant
son réemploi...
Un petit «
kâ », croc ou piochon toulois, ou une petite « raclotte », binette touloise. L'outil agricole permettait au jardinier d'arracher la mauvaise herbre autour des plants (sarclage)
ou d'aérer la terre (binage) dans son jardin-potager. Il a été trouvé le dimanche 27 mars 2011, sur un chemin, près de Saint-Fiacre, au cours d'une petite balade dominicale. Acier moulé, XIXe
siècle (?).
Clichés : Vincent Lamarque
© Jeudi 26 janvier 2012.
Bas-relief de sainte Barbe (coiffée d'une couronne, la palme des martyrs dans sa
main droite et la tour de sa prison dans sa main gauche) et saint Antoine d'Alexandrie (en habits d'ermite, avec le livre de la règle monastique des Antonins et
une clochette dans sa main droite, une canne en forme de tau dans sa main gauche, un cochon et des flammes à ses pieds).
Cliché : Vincent Lamarque
© Dimanche 15 mai 2011.
En France, de nombreuses communes sont porteuses en leur nom propre de ces racines linguistiques indo-européennes. Voici les principales communes homonymes de Charmes-la-Côte, avec l'orthographe
la plus proche : Charmes en Lorraine, département des Vosges (88), dont les habitants sont des Carpiniens ; Charmes en Champagne-Ardenne, département de la Haute-Marne (52) ; Charmes-en-l'Angle
en Champagne-Ardenne, département de la Haute-Marne (52) ; Charmes-la-Grande en Champagne-Ardenne, département de la Haute-Marne (52), dont les habitants sont des Charmessans ;
Charmes-les-Langres en Champagne-Ardenne, département de la Haute-Marne (52) ; Charmes-Saint-Valbert en Franche-Comté, département de la Haute-Saône (70) ; La Charme en Franche-Comté, département
du Jura (39), dont les habitants sont des Charmiers ; Charmes en Bourgogne, département de la Côte d'Or (21), dont les habitants sont des Calmiciens ; La Charmée en Bourgogne, département de la
Saône-et-Loire (71), dont les habitants sont des Charmillats ; Charmeil en Auvergne, département de l'Allier (03), dont les habitants sont des Charmeillois ; Charmes en Auvergne, département de
l'Allier (03), dont les habitants sont des Charmois ; Charmes-sur-l'Herbasse en Rhône-Alpes, département de la Drôme (26), dont les habitants sont des Charmois ; Charmes-sur-Rhône en Rhône-Alpes,
département de l'Ardèche (07), dont les habitants sont des Charmésiens ; Charmé en Poitou-Charentes, département de la Charente (16), dont les habitants sont des Charmésiens ; Le Charme dans le
Centre, département du Loiret (45), dont les habitants sont des Charmois ; Charmes en Picardie, département de l'Aisne (02), dont les habitants sont des Charmois ; etc...
À l'étranger, il est probable que le nom de la ferme de Monte dos Chelmes, dans la ville portugaise de Campo Maior, un endroit mentionné dans un commentaire d'un article de mon blog, exprime toutes ces idées. Choumen (Шумен), ville bulgare nommée par le passé Chemla
(Шемла), tirerait son nom du mot slave « шумa », « shuma », qui définit son caractère forestier ou boisé.
Près de Choumen, il serait possible de se promener dans de véritables charmilles ou taillis de charmes. Le mot « chaume » se traduit par : « Halm » en allemand ; « halm
» ou « haulm » en anglais ; « салома », « saloma » en biélorusse ; « cлама », « slama », « сламка », « slamka », ou « шумa », « shuma », en bulgare ; « slama », « slamka » ou « slamčica » en croate ; «
halm » en danois ; « calimete » en espagnol ; « habemetüügas » en estonien ; « szalma » ou « szalmaszál » en hongrois ; « hálmstrá » ou «
hálmur » en islandais ; « salmi », « salmiņš », « salms » ou « salmu- » en letton ; « halm », « halmstro » ou « strohalm »
en néerlandais ; « halm », « halmstrå » ou « halmtak » en norvégien ; « stoma » ou « stomka » en polonais ; « colmo » en portugais ; «
солома », « soloma », « соломина », « solomina », ou « соломинка », « solominka », en russe ; « slama », « slamka » ou «
slamčica » en serbe ; « slama » ou « slamica » en slovène ; « slama », « slamka » ou « slamený » en slovaque ; « halm », «
halmstrå » ou « halmtak » en suédois ; « sláma », « slámka » ou « slaměný » en tchèque ; « kamış » ou « saman » en turc ;
etc...
Pour terminer l'interprétation de ces trois mentions de Charmes-la-Côte, le mot « chelme » aurait également une origine romane, « schelm », avec un autre sens par le passé :
c'était une grossière injure, une insulte, qui désignait un perfide par exemple, un renégat ou encore un scélérat.
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Je remercie Jean-Michel Florentin, de Domgermain, et Michel Hachet, qui m'ont apporté une partie des références bibliographiques à lire en complément et des pistes de réflexion. Cet article
manque encore de force et de familiarisation avec la terminologie inhérente à cette discipline qu'est la linguistique, donc il vous faudra montrer de l'indulgence.
- BENOÎT (Michèle) et MICHEL (Claude), La Lorraine et ses noms de lieux, Meurthe-et-Moselle, Metz, Éditions Serpenoise, 2006, p.16, p.31, p.43 et p.109.
- QUICHERAT (Louis), Dictionnaire latin-français, Paris (14, rue Pierre-Sarrazin), Librairie de L. Hachette et Cie, p.138 et p.295.
-
NÈGRE (Ernest), Toponymie générale de la France,
Genève (11, rue Massot), Librairie Droz S.A., 1990, Volume 1, p.77.
- PIÉMONT (Paul-Auguste), Toponymie, conception nouvelle, le sens des noms de champs, des noms de localités en pays roman et germanique, 1969.
- RÉCOLIN, « Charmes-la-Côte », in Bibliothèque municipale de Nancy, 1889.
- TOUBIN (Charles), Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française et spécialement du langage populaire, Paris (28, rue Bonaparte), Ernest Leroux, Éditeur, 1886,
p.198.
- WIRTH (Aude), Les noms de lieux de Meurthe-et-Moselle, dictionnaire étymologique, Haroué, Gérard Louis éditeur, 2004, p.113.
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